FEMMES
: être créatrice et actrice du
changement planétaire actuel Groupe de parole de Femmes ”.... et elles prirent leur destin en mains pour trouver un autre
chemin.” Propos
de fin du film de N. Labaki, dernièrement sur les écrans
”Et maintenant on va où ?” Ce
film raconte la détermination créative et sans faille d'un groupe de femmes
d’obédiences religieuses différentes (croix et croissant) décidées à protéger
leur famille, à faire oublier aux hommes leurs rivalités et à maintenir la paix
dans leur village situé au cœur d’un pays en cours de destruction par suite
d’une guerre de religions. Nous sommes
actuellement dans une grande phase de transformation planétaire et devons faire
face à de nombreux défis. Dans cette perspective, en tant que femmes nous
sommes nombreuses à ressentir le besoin de nous ouvrir à une nouvelle manière d’être et de faire. Notre monde,
essentiellement régi selon une vision patriarcale, s’appuie sur un principe
Masculin dominant qui oppose, sépare, exclue, valorise la voie de la conquête,
de l’exploitation et du rapport de force plutôt que celle du contentement,
du partage, de la solidarité, du respect de l’autre, de la fraternité, de la
diversité (valeurs féminines)… Aujourd’hui,
une profonde transformation de l’identité féminine à l’échelle planétaire est
en marche malgré des soubresauts et des régressions. Sur
un plan historique, en France, la période d’après-guerre a vu les femmes être
infantilisées et traitées comme une propriété privée, un objet. Puis vint le
mouvement féministe et l’accès à la contraception, à l’avortement, le droit à
disposer de son corps… Aujourd’hui, si l’on s’en réfère à la littérature
récente sur le sujet [P. Bourdieu La domination masculine(Seuil
1998) ; N. Bajos et M. Bozon, dans leur Enquête sur la
sexualité en France (La Découverte, 2008) ; J.-P. Mialet,
dans Sex aequo - le quiproquo des sexes(Albin
Michel, 2011) ; S. Morvan et L. David, Express du
03 Sept. 2011] nous pouvons constater que la femme
a acquis aujourd’hui une certaine autonomie matérielle, mais qu’elle reste
encore sur bien des plans inféodée à une vision masculine de la réussite, du
bonheur, de la vie... Ce
constat soulève la question de la connaissance des désirs au feminin. Qu’en
savons-nous ? En fait ces désirs ne sont-ils pas, à ce jour, de grands
inconnus, même de nous les femmes ? Sommes-nous
au clair dans notre vision de femme ou calquons-nous notre vision sur
celle des hommes ? Ne
serait--il pas temps de nous interroger sur ”Qu’est-ce qu’être femme” ? Quelles
sont les facettes, les caractéristiques du Féminin ? Comment vivons–nous ces
facettes en nous-même ? Comment exprimons-nous ces différents aspects du
Féminin ? Quels
sont réellement nos désirs, nos valeurs, notre vision en tant que femme ? Quelles énergies de nous-même
souhaitons nous mettre en œuvre pour participer pleinement à ce changement
planétaire ? Pinkola
Estes (Femmes qui courent avec les loups, Grasset,
1992) qualifie l’essence Féminine fondamentale qui habite au plus
profond de chaque femme ainsi: ”Chez la
femme, l’intériorité est simple et innée. Elle contacte avec aisance les
énergies instinctives internes qui constituent l’essence même de son être...
Tantôt solitaire, tantôt maternante, quelquefois impulsive ou tout à coup
inspirée, la femme est à l’image du cycle de la lune, changeante et aussi
profondément enracinée dans la sagesse même des rythmes de la vie de la terre
et de tous les êtres vivants qui la composent. Si nous voulons fleurir dans
notre vie, nous devons respecter les rythmes connus de cette essence féminine
profonde.” Une des voies pour renouer avec la sagesse ancestrale de la
Femme passe bien sûr par la richesse des contes de Pinkola Estes. Mais, la
mythologie grecque, fondatrice de notre culture, n’est-elle pas aussi riche
d’un pantheon de déesses qui nous parle des potentiels du Féminin [Athéna,
Artémis, Héra….] ? et ne pourrions-nous aussi nous référer à l’hindouïsme,
lui aussi connu pour son richissime pantheon de dieux et déesses dont les
représentations correspondent aux multiples facettes humaines, expressions
différentes (archétypales) d’un seul et même pouvoir créateur ? Pour donner un exemple, dans
l’hindouisme, l’énergie féminine (Shakti) prend aussi bien la forme de Sarasvati, déesse de la connaissance, de
l'éloquence, de la sagesse et des arts [Elle est l'épouse de Brahma le dieu créateur
de la trimuriiindienne et leur union souligne la notion que la connaissance est une
condition sine qua non de la création], que celle de Durga “l’Invincible”, déesse aux 9 formes, qui possèdant
les pouvoirs de la Trinité masculine et la beauté de la Trinité féminine évita
la destruction de la terre (Cf légende en fin de document). Le
tigre sur lequel elle est assise représente son pouvoir illimité, qu’elle met
au service de la vertu pour détruire le mal. Ses multiples armes indiquent que
pour vaincre les pulsions du mal, l’être humain doit développer différentes
qualités, selon les situations et les circonstances : le détachement
contre l’égoïsme, la connaissance de soi contre la colère, la générosité contre
l’avidité ou la rancune, le discernement contre le préjudice (vol, meurtre…)
etc…. L’amour étant en fait l’arme universelle. L’essence
féminine représente la voix de l’âme, elle nous invite à dépasser la vision de
l’ego pour agir en conscience et nous mettre à l’écoute des vrais besoins de
l’humanité. Elle ”sait” avant même que la raison impose sa loi. Sentir et
vivre sa nature féminine, c’est se donner la possibilité de créer, de se créer,
de s’épanouir ; c’est mettre en pratique des valeurs qui peuvent
contribuer à plus d’amour et de sagesse dans le monde. Si jamais
ces quelques mots résonnent en vous, si vous vous sentez concernée, et si cette
aventure vous tente, je vous invite à nous rejoindre au sein de ce groupe de
paroles de Femmes. |






