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Publié le Thursday, April 12, 2012 10:34 AM
Donner une place au Féminin :une nécessité pour la survie de notre planète
Le monde
change et la crise est là, semant dans nos esprits irrationalité et peurs de
toutes sortes. Et pourtant, cet avenir qui nous inquiète sera fait des actions
de chacune et chacun d’entre nous. En 2004,
Williams [1] constatait d’une part que les États Unis avaient investi 396
milliards de dollars en armement deux années auparavant, soit 33 fois plus que
les budgets réunis des pays opposants – alors que 14 milliards de dollars
auraient pu subvenir aux nécessités de base de l’assistance sanitaire mondiale
pour répondre aux besoins des peuples les plus démunis et d’autre part que les
dépenses militaires du monde étaient restées vertigineuses même après la fin de
la guerre froide. Nous ne pouvons que constater que nos industries
s’affrontent, exploitent les pays les plus faibles, entretiennent et cultivent
un comportement prédateur de compétition et un jeu gagnant/perdant universel. Selon Odent
[2], les cultures occidentales du passé ont survécu grâce à leur férocité et à
leur mode de vie prédateur, mais de nos jours nous sommes condamnés à périr en
tant qu’êtres humains si nous persévérons de cette manière. Nous disposons déjà
d’innombrables modalités de destruction (armes, pollution globale dont
nucléaire, épuisement des ressources naturelles…). L’humanité est donc devenue une espèce menacée dans le
monde d’aujourd’hui, surtout à cause de la guerre qu’elle porte contre la
nature et contre elle-même. Alors que
faire ? Comment arrêter ce processus ? Que changer ? Jacques
Attali, homme au cœur de la vie intellectuelle, politique et économique
française, a partagé récemment sa vision de la crise [5]: ”Tout le monde
devient occidental alors que que l’Occident s’enfonce… et c’est justement cette
apologie extrême de la liberté individuelle qui est la cause profonde de la
crise actuelle… L’expansion de ce système le fait triompher en détruisant des
sociétés antérieures, en faisant exploser les autres systèmes…” et de noter
qu’au sein de cet effondrement il y a ”l’émergence (souvent d’ailleurs en
Occident), d’une nouvelle valeur qui est l’altruisme, que l’on voit apparaître
dans les ONG, dans les réflexions sur l’empathie, le désir de s’occuper des
autres, le bonheur que l’on trouve dans le fait que les autres soient heureux,
toutes ces choses nouvelles qui à mon avis sont l’avenir…”
La nature
qui nous environne se conjugue à tout instant depuis des millénaires à partir
de deux opposés : chaud-froid, sec-humide, jour-nuit…. masculin-féminin. Le
monde de l’action, de la réalisation, de la compétition et des résultats est
modelé par le masculin. Et l’emballement actuel qu’il soit économique,
financier ou consumériste est la résultante d’un système de valeurs à dominance
masculine qui ne sont ni reliées ni en harmonie avec le féminin, amenant
l’humain à n’être plus qu’un robot programmé pour la performance par tous les
idéaux collectifs, un être sans profondeur, sans intériorité donc perdu dans
une dépendance à l’horizontale. Le masculin,
dans sa suprématie, s’est imposé et a soumis le féminin et les femmes en
particulier. De nos jours les femmes, et ce qu’elles incarnent, sont encore
très largement dominées, humiliées, victimes de lois qui ne reconnaissent ni
leur égalité, ni leurs droits fondamentaux, ni leurs spécificités. Regardons
simplement, comment dans certains pays d’Asie et d’Afrique, les femmes
adultères sont traitées, battues à mort, lapidées. Rappelons nous le suicide récent d’Amina qui a préféré la
mort à un futur mari, pratiquant le viol, qui ne souhaitait l’épouser que pour
échapper à la justice…. Il y a tant de chemin encore à faire pour que la moitié
de l’espèce humaine soit considérée comme l’égal de l’autre moitié. Plus proche
de nous, en France, les différentes associations humanitaires françaises
n’ont-elles pas communiqué tout l’hiver dernier sur la précarité des femmes
avec ou sans enfant ? N’est-il pas connu des notaires français, que les femmes
seules sans enfant sont fréquemment ”déshéritées”, l’état étant heureusement
garant du maintien de leur tiers de réserve… ? La revendication ”à travail
égal, salaire égal” n’est toujours pas mise en pratique et le déséquilibre
homme-femme dans les postes décisionnaires est notoire, contrairement à
d’autres pays européens ou nordiques….
En France,
le MLF, à travers le combat mené par le Mouvement du Planning Familial, a permis
aux femmes d’acquérir des droits qui leurs étaient inaccessibles depuis des
siècles, tel que celui de disposer de leur corps et de maîtriser leur
procréation. C’était hier… Il y eut en
conséquence pour les femmes une plus grande possibilité d’accéder à des postes
à responsabilité à condition qu’elles acceptent un vrai ”parcours du
combattant”, au détriment souvent des enfants, de leur couple. Les militantes du
MLF ont mené leur combat sur un mode masculin puisque c’était le seul mode de
conviction et d’action qui pouvait être entendu dans un monde patriarcal. Se
seraient-elles faites entendre si elles avaient argumenté avec gentillesse,
douceur, patience, flexibilité… ? Je crains que cela n’ait été tenté, mais sans
résultat. Ce passage par un comportement masculin était donc une nécessité même
si nombre de femmes en ont subi la critique. Néanmoins, aujourd’hui, avec
quelque recul, nous pouvons dire que les femmes, dans leurs revendications, ont
demandé à avoir les mêmes droits que les hommes, mais dans le même temps elles
ont malheureusement oublié et laissé de côté ce qui les différencie,
c’est-à-dire plus de féminin… Mais, pouvaient-elles en être conscientes à cette
époque?
En pratique,
c’est toujours un fait actuel que les valeurs masculines sont plus prégnantes
en Occident que les féminines. L’esprit de lutte et de compétition, l’autorité,
l’indépendance, l’initiative, la différenciation, l’exercice du pouvoir,
l’efficacité et le rendement, la réussite sociale et notamment financière, dans
lesquels beaucoup d’hommes se reconnaissent ou aspirent à se reconnaître, sont
présentés comme des signes d’accomplissement, de réussite sociale. Alors que la
réceptivité, la patience, l’écoute, le contentement, la protection, le
dialogue, l’empathie, la construction de liens, l’attachement, la
contemplation, le partage, l’entraide, la fraternité… occupent plutôt,
socialement parlant, des places décoratives sans véritable valeur mesurable
marchande, sauf dans quelques secteurs comme l’enseignement aux jeunes enfants,
la psychothérapie…
En tant que
femmes, les quelques valeurs du féminin listées ci-dessus sont-elles
suffisantes pour nous faire appréhender ce qu’est le Féminin et l’essence de
notre nature profonde qui nous met en vie ? Ne serait-il pas essentiel
d’évoquer l’importance des cycles au sein du féminin et en particulier celui
concernant la vie et la mort ? Comment peut-on penser devenir des femmes
accomplies et épanouies si nous tenons en esclavage cette force créatrice et
jaillissante, si nous sommes coupées de cette source infinie en nous, si nous
nous limitons, dans notre manière d’appréhender le monde qui nous entoure, à un
seul mode de connaissance, le mode masculin ?
Sur un plan
historique, il est intéressant de noter que dans le bassin méditerranéen,
Ishtar, Déesse androgyne, était considérée comme la Déesse de la Fertilité,
mère de toute la création et de tout être vivant, du Ciel et de la Terre, mais
aussi Déesse des songes, des Enfers et de la Destruction. Elle était révérée en
tant que Grande Mère mais aussi en tant que prostituée sacrée et les
”corps-temples” de ses prêtresses permettaient aux hommes d’accéder au sacré,
et de se guérir à travers l’acte sexuel… Comment
conjuguer une telle vision du corps féminin avec le consumérisme sexuel actuel,
avec le verdict lié à une balance ou à des mensurations, entraînant un besoin
compulsif de combler le vide intérieur par la boulimie, l’alcoolisme, la
drogue…. ? En tant qu’être humain, ce sont nos valeurs qui nous font tenir
debout. Si nous perdons l’accès à nos certitudes profondes qui constituent la
cohérence de notre monde, ou si nous sommes amenés à douter de ce que nous
ressentons, nous perdons notre verticalité et devenons inévitablement faibles
donc corruptibles et dépendants. Selon F.
Gange [6] ”Les mythes grecs, et celui d’Europe en particulier, s’avèrent
véhiculer la mémoire du long affrontement historique qui a débuté vers la fin
des âges de bronze (aux alentours de -2800 av JC à Sumer ; vers -1600 av JC en Grèce…) entre la très antique culture de la Déesse, structurée autour du Tout
sacré… et la nouvelle culture du Dieu/Père, conquérante et guerrière…”. Et
cette auteure de poursuivre : ”l’important est que cette inversion des
polarités, féminine puis masculine, du divin, s’est accompagnée d’une inversion
radicale des valeurs : des valeurs de sacralité de la vie et de respect de la
terre considérée comme le corps de la Grande Mère, aux valeurs de conquête qui
impliquent la guerre et son cortège ”pillage et soumission”… L’ordre patriarcal
a désacralisé le monde dans l’exacte mesure où, séparant l’homme à la fois de
la femme et de la nature, il a libéré la force brute et en a fait le guide du
nouveau monde, structuré autour de la conquête qui engendre les hiérarchies et
privilégie l’avoir et la quantité, au détriment de l’être. ”
Après 100
ans de la libération de la femme, qu’avons-nous réellement atteint ? Comme l’écrit Barbara Schasseur,
psychologue spécialisée dans les problèmes de dépendance boulimie, alcoolisme
[3] : ”Socialement certes certains préjugés ont été cassés. La cage est
maintenant ouverte et les femmes ont la liberté et la responsabilité de leur
choix. Mais psychologiquement elles sont encore prisonnières des rêves de
Prince Charmant et donc des modèles du Patriarcat. Nos mères se sont battues
pour l’égalité mais elles n’ont pas changé le monde, elles s’y sont adaptées
simplement en se donnant le droit d’être elles aussi masculines….Hier, nous
étions vouées à être femmes au foyer, aujourd’hui nous sommes tout aussi
soumises au tampon approbatif de l’homme, pas les vrais que nous côtoyons, eux
aussi pétris de souffrance, mais ceux dans la tête, princes et aventuriers qui
font vibrer notre romantisme infantile. Ainsi, avec un corps encore une fois
objet, nous devenons les performantes du sexe, enragées contre notre propre
vagin qui lui se garde de livrer n’importe comment les initiations de ses
mystères.”
Ne
serait-il pas temps de nous interroger sur ”Qu’est-ce qu’être femme” ? Quelles
sont les caractéristiques de ce Féminin qui nous habite ? Comment vivons–nous
l’articulation entre notre masculin et notre féminin ? Comment exprimons-nous
les différentes facettes du Féminin ? Quels
sont réellement nos désirs, nos valeurs, notre vision en tant que femme ? Quelles énergies de nous-même
souhaitons nous mettre en œuvre pour participer pleinement au changement
planétaire actuel ? Pinkola
Estes [4] (Femmes qui courent avec les loups, Grasset,
1992) qualifie l’essence Féminine fondamentale qui habite au plus profond
de chaque femme ainsi: ”Chez la femme, l’intériorité est
simple et innée. Elle contacte avec aisance les énergies instinctives internes
qui constituent l’essence même de son être... Tantôt solitaire, tantôt
maternante, quelquefois impulsive ou tout à coup inspirée, la femme est à
l’image du cycle de la lune, changeante et aussi profondément enracinée dans la
sagesse même des rythmes de la vie de la terre et de tous les êtres vivants qui
la composent. Si nous voulons fleurir dans notre vie, nous devons respecter les
rythmes connus de cette essence féminine profonde.” L’initiation
au féminin nous inflige de mourir pour renaître, d’accepter le néant pour
laisser émerger l’inconnu, l’invisible pour voir autrement…. Le féminin dans sa
puissance est une force de création innée, celle du chaos dont naît l’infini
des possibles, celle autorisant, ouvrant l’espace d’un recommencement, une
renaissance après la mort, mouvement infini d’une intention qui nous dépasse.
Le féminin est cyclique et non pas linéaire, il est comme la spirale de la
transe, ou la spirale évolutive de la matière et de la conscience, laissant
émerger dans la danse du temps l’organisation constructive des réalisations
universelles. L’essence
féminine représente la voix de l’âme, elle nous invite à dépasser la vision de
l’ego pour agir en conscience et nous mettre à l’écoute des vrais besoins de
l’humanité. Elle ”sait” avant même que la raison impose sa loi. Sentir et
vivre sa nature féminine, c’est se donner la possibilité de créer, de se créer,
de s’épanouir ; c’est mettre en pratique des valeurs qui peuvent
contribuer à plus d’amour et de sagesse dans le monde.
Si jamais
ces quelques mots résonnent en vous et si vous vous sentez concernée, je vous
invite à nous rejoindre au sein d’un groupe de paroles de Femmes.
1• Williams,
Jessica (2004) : 50 facts that should change the world. Cambridge : Icon Books,
Ltd 2• Odent Michel
(2001) : The Scientification of Love, London : Free association Books 3• Barbara Schasseur (2008) :
Boulimie et dépendance, mal être
au féminin, Synodies du Grett, 26-31 4• Pinkola Estes, Femmes
qui courent avec les loups, Grasset, 1992 5 •
Séphane Allix : La part spirituelle de J. Attali,Inexploré, Avril-Juin 2012,
6-11 6 •
Françoise Gange, Le viol d’Europe,
ou le feminine bafoué, Ed Alphé 2007, 151-152
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Publié le Thursday, March 08, 2012 5:31 PM
Approche psychanalytique des stérilités psychogènes
Nous
nous proposons avec cet article d’interroger la ou les causalités psychiques
qui seraient à l’origine de certaines stérilités dites ”inexpliquées” sur le
plan biologique. Considérer un symptôme physique comme la solution apportée à
un conflit interne, inobservable et inconscient, fait référence à la théorie
psychodynamique freudienne sur la résurgence de conflits familiaux non résolus,
vécus dans les premières étapes de l’enfance et réactivés sous forme de
problèmes à l’âge adulte.
En
amont du symptôme de stérilité, la ”demande d’enfant” peut, chez certaines
femmes, se singulariser par une revendication immédiate autour d’un droit à
l’enfant qui prend un caractère irréductible, voire paranoïde [2]. En fait,
cette revendication repose sur le fantasme d’être ”rassasiée” de tout désir par
un enfant, fantasme qui exclut bien sûr le désir pour un homme. Cette
formulation de la demande révèle qu’il est attendu un au-delà de
l’enfant et que la qualité de mère correspond à un état idéal. Selon M.
Santiago Delefosse [2] : ”Force est de constater l’existence d’un Vouloir qui
se réfère plus à l’état de mère, qu’à des projections investissant l’enfant.
Cet état rêvé, assouvi par la venue d’un enfant, les rendrait, suivant leurs
dires, ”autres” pour elles-mêmes”.
Par
ailleurs, Canon-Yannotti [3] considère que la venue d’un enfant peut avoir pour
objet de restituer la relation fusionnelle primordiale mère-enfant. Cette
demande d’enfant, qui n’est là que pour atteindre imaginairement une
complétude, ne peut être qu’impossible et le symptôme de stérilité reflète
alors l’écart entre cette complétude imaginaire et la dynamique désirante.
S.
Faure-Pragier [4] voit plutôt dans la stérilité, la difficulté pour la femme
d’acquérir son autonomie. Déniant le lien trop étroit avec sa propre mère, la
femme s’efforce d’adopter un mode de vie normal derrière lequel elle enfouit sa
dépression : ”Cette femme inféconde se sent profondément incapable de
jouer son rôle d’adulte, elle fait ”comme si”, écartant son vécu d’incapacité,
et tente de forcer sa stérilité avec la certitude que l’enfant résoudra tous
les problèmes. Elle l’espère comme ”objet transformationnel”, qui la rendrait
différente. Elle croit qu’en devenant mère, elle se débarrassera de l’image de
sa propre mère dominatrice, sachant et réussissant tout mieux qu’elle.” M.
Bidlowsky [1] considère que pour recevoir en cadeau l’enfant qui vient sceller
la dette liant la fille à la mère, l’étape d’identification à une mère suffisamment
faible est nécessaire. Aussi, chez les femmes infertiles, l’impossibilité de
réaliser cette identification induit le fait que l’enfant reste une tâche à
accomplir, dans un registre similaire à celui d’une production anale comme en
témoigne l’expression ”faire un enfant”.
S
Faure-Pragier [4], quant à elle, associe l’infertilité à un refus d’enfant
provoqué par une grande peur de la maternité : ”L’enfant imaginé paraît
très dangereux à ces femmes infécondes qui le croient capables de les
vampiriser, de les détruire de l’intérieur. Symétriquement, elles se sentent
nocives pour le fœtus qui aurait à vivre enfermé dans leur ventre, pendant neuf
mois. Ces terreurs font l’objet d’un déni qui en empêche la prise de
conscience. En réalité, il semble que nos patientes se projettent sur cet
enfant qui vivrait, imaginent-elles, les souffrances qu’elles ont ressenties
dans leur relation avec leur propre mère. La stérilité ou les fausses couches
apparaissent comme une défense vitale, liées aux pulsions d’autoconservation.”
M.M. Chatel [5] évoque à ce sujet, en référence au ”ravage narcissique” de
Lacan, le pénible ”ravage” qui s’éprouve entre mère et fille.
Par
ailleurs, selon M. Santiago Delefosse [2], la clinique des FIV démontre la
coexistence logique et temporelle de l’attachement à la mère mais aussi au
père : ”Ne pas pouvoir avoir un enfant immobilise ces patientes dans un
impossible paradoxe imaginaire : lutter contre la mère et être détruite de
l’intérieur ; ne pas lutter et ne pas accéder au père ni à l’enfant qu’il
pourrait donner. Ce paradoxe ravive haine et honte, angoisse et culpabilité,
les figeant en un temps logique de la première identification… conjonction
mythique de l’avoir et de l’être.” Selon
F. Faure-Pragier [4] : ”Le père occupe souvent une place marginale dans le
psychisme de nos patientes ; il ne serait, pense la patiente, qu’un simple
instrument de conception pour la mère. Elle en vient même à déprécier ce père
qui n’a pas su s’imposer. Si le père joue un rôle habituellement séparateur du
couple mère-bébé, il semble, dans nos cas, l’avoir fait insuffisamment, ne
réclamant pas pour lui une part du temps de la mère, se soumettant au contraire
à celle-ci ; pour nos patientes, il apparaît souvent comme un enfant de
plus, et non comme celui qui impose un certain ordre, une loi qui sépare les
générations.” Et cet auteur de poursuivre : ”Au cours des cures
psychanalytiques que nous engageons avec ces femmes en mal d’enfant, il est
habituel de constater que la conception est consécutive à un réinvestissement
du père dans le discours. Il s’agit souvent du retour de souvenirs et d’affects
mesurés, d’une certaine complicité, d’une tendresse, de rêves mettant en scène
l’imago paternelle.” Ce simple mouvement de reconnaissance du père exprime sans
doute un progrès dans l’autonomie ; le lien d’amour possessif et de colère
déçu avec la mère se distend grâce au travail analytique, et le père peut alors
retrouver sa place. A
contrario, certaines femmes parlent très vite de la relation privilégiée
qu’elles ont avec leur père, à tel point que l’on pourrait leur prêter ce
discours : ”j’aime tant mon père que tout enfant que je pourrais concevoir
avec un autre homme serait imaginairement de lui”. L’infertilité est alors
préférable à la réalisation d’un inceste fantasmatique.
1•
Bidlowski M., Les enfants du désir, in Psychanalyse à l’université, 4(13),
59-92, Ed Réplique, Dec 78 2•
Santiago-Delefosse M., Fécondation in vitro, Anthropos-Economica, 1995 3•
Canon-Yannotti M. et al, Psychogenic sterility, Rev Fr Gynecol Obstet, 86(12),
741-46, 1991 4•
Faure-Pragier S., Les bébés de l’inconscient, le psychanalyste face aux
stérilités féminines aujourd’hui, PUF, Juin 97 5•
Chatel M.M., Malaise dans la procréation, Albin-Michel, 1998
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E. Lavielle: Publié le Thursday, February 02, 2012 1:12 PM
FIV, Détresse et adaptation psychique
Pour faire suite à notre premier article sur les conséquences du stress de la
FIV qui peuvent se décliner en dépression et anxiété, nous vous proposons avec
cet article d’explorer ce que recouvre le terme ”détresse” qu’utilisent
certaines femmes et d’identifier qu’elles en sont les caractéristiques.
Une étude de Chiba H. [1] portant sur une centaine de
femmes stériles a montré que le stress lié, dans un premier temps, à un
complexe d’infériorité physique [corps porteur ”, incontrôlables, irrationnel],
devient par la suite un stress essentiellement dépendant du regard que la
famille et les ”autres” portent sur l’infertilité et les échecs inexpliqués. Suite au constat de leur incapacité à concevoir, 49%
des femmes ont mentionné des changements dans leur fonctionnement sexuel et 75%
des changements de leur humeur [2]. Les femmes se ressentent souvent moins
féminines, vides, incomplètes, moins désirables [3], elles manquent d’estime
pour elles-mêmes [4], se sentent coupables [5, 6], y compris envers leur
conjoint [6]. Il y a, en fait, une grande divergence entre leur moi actuel et
l’idéal de leur moi [8]. Les femmes vivent souvent l’infertilité comme un échec
de leur rôle social, une diminution de leur statut de femme [9]. Pour Mimoun
[7], il y a une crise d’identité à l’annonce de la stérilité et selon Berg
[10], en acquérant ce statut de femme infertile, elles perdent d’une manière
subjective leur féminité, même si la stérilité incombe à leur partenaire.
La psychologie cognitive anglosaxone [11] s’est
attachée à l’étude des stratégies qu’une personne met en place pour maîtriser
ou diminuer l’impact d’un événement qui menace son bien-être physique ou
psychique. Elle a développé le concept de ”stratégie d’ajustement” ou ”coping”.
Le choix des stratégies dépend d’une part de l’évaluation cognitive que la
personne fait des événements et d’autre part, des ressources dont elle pense
disposer dans ces circonstances. Ces stratégies sont à l’origine du
comportement adopté face au problème : soit d’affrontement (actif), soit
d’évitement (passif), ainsi que du contrôle émotionnel ”utilisé”. Il est, par
ailleurs, important de souligner que toute adaptation psychique est sous-tendue
par un processus d’élaboration progressive, spécifique de l’histoire propre du
sujet et de sa structure psychique. Bringhenti [12] a étudié l’adaptation psychique de 122
femmes. Il a montré que les scores émotionnels, reflets de la capacité à gérer
les événement stressants, étaient influencés par différents facteurs : le
nombre de cycles de FIV et la possibilité d’envisager l’adoption, l’estime que
la femme a vis-à-vis d’elle-même et la satisfaction que son emploi lui apporte,
enfin les dimensions de sa personnalité. Par ailleurs, l’anxiété s’est avérée dépendante
de la satisfaction trouvée au sein du couple. Cet auteur conclue que
l’infertilité et ses traitements peuvent être parfaitement gérés par des femmes
ayant une personnalité équilibrée, une haute estime d’elle-même, satisfaite de
leur emploi et de leur relation avec leur mari et qui peuvent envisager
l’adoption en dernier recours. Mais qu’en est-il des autres femmes ? Mori mentionne que les femmes les plus anxieuses se
figent dans un processus de souffrance psychique d’introversion auquel est
associé une vision pessimiste quant à la réussite d’une grossesse [13]. Enfin,
l’évaluation des ”stratégies d’ajustement” [14] en regard des niveaux de
souffrance psychique, a montré que chez les femmes les plus en détresse, les
stratégies utilisées font essentiellement appel au monologue et au sommeil,
renforçant ainsi leur isolement. Depuis plusieurs années et tenant compte de ces
différents travaux, plusieurs équipes anglo-saxonnes ont proposé un
accompagnement psychothérapeutique de la FIV, souvent sous la forme d’un
programme de 6 à 8 séances, ayant pour objectif de permettre aux femmes et aux
couples de se réapproprier un certain contrôle de leur vie [6], et de diminuer
l’anxiété et la dépression [15, 16]. Mc Queeney DA [17] a mené un travail chez
29 femmes qui cherchaient à concevoir depuis en moyenne au moins 4 ans, et a
conclu à une meilleure gestion de la détresse due à l’infertilité et à ses
traitements, grâce à 6 séances de groupe, que le travail proposé soit de type
émotionnel ou centré sur la résolution de problèmes. Certaines équipes ont souhaité intervenir beaucoup
plus précocement, à savoir avant le pic dépressif de la deuxième année [18],
voire même en amont de tout traitement d’infertilité [14], avec pour but
d’éviter, chez certaines femmes, l’apparition de la détresse et d’augmenter
leur taux de grossesse [18], grâce à une acquisition précoce de stratégies
appropriées. A ce jour, Domar AD mène une étude au sujet de l’impact d’une
brève intervention psychologique sur les arrêts de FIV [20]. Aujourd’hui, la notion de qualité de vie de la femme
en traitement de FIV… reste un sujet d’importance pour les anglo-saxons qui ont
mené une étude sur 1414 femmes [Canada, UK, USA, Australie, Nouvelle-Zélande]
afin de mettre au point le FertiQoL, un outil d’évaluation de 34 items [19].
D’autre part, très récemment, une équipe suédoise a mentionné la colère
d’hommes et femmes trois années après l’échec de la FIV [21].
Dans la continuité de ces travaux, je propose un
accompagnement individuel de quelques séances qui au-delà de refaire du lien
avec un corps vécu comme irrationnel, se centre sur les ressources de la
personne et sur l’identification des schémas cognitifs limitants afin de les
remplacer par des modalités plus ”opérantes” [changement de croyances, neutralisations d’échecs
anxiogènes, gestion de conflits internes…]. Cette démarche à pour objectif de
permettre à la femme de reprendre confiance en elle, de redévelopper de
l’estime vis-à-vis d’elle-même, ressource fondamentale pour dépasser ses
limitations, affronter la situation et dépasser la crise.
- Chiba H, Stress of female infertility.. Gyn
&Obst Investigation 43(3), 171-7, 1997
- Downey J, Mood disorders… Fertil Steril 52(3),
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- Mc Queeney DA et al, Efficacy of emotion-focused
and problem-focused… J Behav Med 20(4), 313-31, 1997
- Domar AD et al, Impact of group psychological
interventions.. Fertil Steril 73(4), 805-12, 2000
- Boivin J et al, The fertility quality of life
(FertiQoL) tool….Hum Reprod. 2011 Aug;26(8):2084-91
- Domar AD et al, The mind/body program… ClinicalTrials.gov
identifier: NCT01318291
- Helena Volgsten et al, Unresolved grief in women and men in Sweden… Supplemental
Terms and Conditions for iOpenAccess articles published in Informa
Healthcare journals, Accepted July 14, 2010
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E. Lavielle: Publié le Thursday, January 05, 2012 10:49 PM
FIV,
STRESS, ANXIÉTÉ ET DÉPRESSION
Il
a été montré dans les années 80, que le stress en agissant sur le système
autonome peut modifier les apports sanguins des ovaires et donc peut modifier
leur contractilité, la taille des follicules et l’ovulation [1]. Le stress a
également été estimé responsable de la perturbation des différentes fonctions
intervenant dans la nidation [2]. Plus récemment, des études ont relié le
stress à la prolactine et au cortisol circulant, montrant que ces derniers
présentaient des taux élevés dans le cadre de l’infertilité [21,22 23, 24, 25,
18]. Il
est, par ailleurs, largement reconnu que l’infertilité est à l’origine d’une
détresse d’ordre psychologique [20] et que l’anxiété des femmes en parcours de
FIV peut être considérée comme une réponse au stress généré par les
traitements : incertitude de la réussite du traitement, réactions
physiques aux médicaments, le fait de jongler entre travail, carrière
professionnelle et traitement, sentiment de perte de contrôle du processus de
son corps associé à une dévalorisation de soi [3, 4]. L’anxiété est considérée
comme maximale lors du prélèvement ovocytaire, mais elle est également
importante lors du test de grossesse. Bien qu’il y ait des travaux
contradictoires plus récents [11, 19, 36], plusieurs études ont montré que
l’anxiété a un effet négatif sur la grossesse [5, 6, 7, 8, 35] et que le fait
de la diminuer permet d’augmenter le taux de grossesse [9, 10].
Dans
les années 90, différents travaux ont mis en évidence un lien entre l’infertilité
et la dépression. Lapane a ainsi noté [12] que les femmes ayant eu un épisode
dépressif, présentent deux fois plus souvent un incident secondaire
d’infertilité. Par ailleurs, il a été rapporté [17], avec la réserve que
l’observation porte sur peu de cas, une incidence plus élevée de fausse couche
à un stade précoce, chez des femmes en détresse présentant des cycles mensuels
longs. Dans le cadre de la FIV, les femmes ayant vécu au moins un échec et
déprimées lors du nouveau cycle, n’ont présenté que 13% de grossesse
comparativement à 29% chez les femmes non déprimées [11]. Enfin, des femmes
ayant des symptômes dépressifs importants au 3 jour du cycle de
la FIV, on tun taux de grossesse significativement plus faible que celui de
femmes asymptomatiques [13]. Cette
détresse psychologique des femmes augmente avec le temps [14, 16] et la
dépression s’accentue à chaque échec avec un pic entre le 2 et la
3 année de traitement, pour ne retourner à un niveau normal
qu’après 6 ans d’infertilité [15].
Les
années 2000 ont vu l’éclosion d’études menées essentiellement par les
anglosaxons cherchant à évaluer l’efficacité de la relaxation associée à la
visualisation. Elles ont montré l’impact de cette technique sur différentes
fonctions physiologiques : diminution d’activité du système sympathique et
action sur le stress [26,27], diminution de l’anxiété [26], de la dépression
[30], réduction de la P.A. dans le cadre de l’HTA limite [33], stimulation du
système immunitaire [31, 32], diminution des syndromes prémenstruels sévères
[26], résolution de 2 cas d’infertilité fonctionnelle [34]. Dans le cadre de la
FIV, une diminution de la dépression et de l’anxiété [28, 29] ont été
rapportées.
Dans
la continuité de ces travaux, je propose un accompagnement de la FIV par la
relaxation-visualisation sur 3 séances. Cet accompagnement peut s’inscrire
ultérieurement et si nécessaire dans une prise en charge psychothérapeutique
plus globale.
1. Burden HW, in Ben Jonathan, Cathecholamines as
hormonal regulators, N.Y. : Academic Press 261-278, 1985 2. Edwards R, in Conception in the human female,
London : Academic Press, 1980 3. Mahlstedt PP, Emotional factors and FIV… J IVF/ET 4,
232-235, 1987 4. Mimoun S, les multiples interactions… Contracept Fert
Sex 21(3), 251-254, 1993 5. Demyttenaere K, Anxiety and conception, J Psychosom
Gynæcol 8, 175-181, 1988 6. Downey J, Mood disorders… Fertil Steril 52(3),
425-432, 1989 7. Eimers JM, Physical complaints and emotional… J
Psychosom Obstet Gyn 18(1), 31-35, 1997 8. Facchinetti F, Psychosomatic disorders… Psychother
Psychosom 58(3-4), 137-154, 1992 9. Sarrel P, Psychotherapeutic intervention…. Fertil
Steril 43, 897-900, 1985 10. Rodriguez B, Third World Congress of Behavior
Therapy, Washington DC, Dec 8-11, 1983 11.Thiering P, Mood state as a predictor…. J Psychosom Res
37, 481-91, 1993 12. Lapane LK, Is a history…. Psychosom Med 57, 509-13,
1995 13. Demyttenaere K, coping style and depression… Fert
Ster 69, 1026-33, 1998 14. Berg B, Psychological functionning… J Behav Med 14,
11-26, 1991 15. Domar AD, The prevalence and predictability… Fert
Ster 58, 1158-63, 1992 16. Chiba H, Stress of female infertility.. Gyn &Obst
Investigation 43(3), 171-7, 1997 17. Hjollund NH, Distress and reduced fertility…. Fert
& Ster 72(1), 47-53, 1999 18. Csermiczky G, The influence of stress and… Acta
Obstret Gynæcol Scand 79(2), 113-8, 2000 19. Ardenti R, Anxiety and perceptive functioning…. Human
Reproduction 14(12), 3126-32, 1999 20. Oddens BJ, Psychosocial experiences… Human
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6, 942-948, 1989 22. Harrisson RF, Stress, prolactin… Lancet I, 209, 1979 23. Koninckx PR, Stress hyperprolactinemia… Lancet I,
273, 1978 24. Ben-David J, Transient hyperprolactinemia… J Clin
Endocrinol Metab 57, 442-444, 1983 25. Fruhstorfer B, Daytime noise stress… Int J Neuroscie
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1996 28. Rees, J Holist Nurs 13(3), 255-67, 1995 29. Domar, J of Psychosom Obstet Gynæcol 17(4), 202-7,
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Obstet Gynæcol 25(1), 57-65, mars 2004 36. Gourounti K, The relation of psychological…. Women
Health 51(4) : 321-39, Jun 2011
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E. Lavielle: Publié le Wednesday, December 14, 2011 4:33 PM
FEMMES
: être créatrice et actrice du
changement planétaire actuel
Groupe de parole de Femmes
”.... et elles prirent leur destin en mains pour trouver un autre
chemin.” Propos
de fin du film de N. Labaki, dernièrement sur les écrans
”Et maintenant on va où ?” Ce
film raconte la détermination créative et sans faille d'un groupe de femmes
d’obédiences religieuses différentes (croix et croissant) décidées à protéger
leur famille, à faire oublier aux hommes leurs rivalités et à maintenir la paix
dans leur village situé au cœur d’un pays en cours de destruction par suite
d’une guerre de religions. Nous sommes
actuellement dans une grande phase de transformation planétaire et devons faire
face à de nombreux défis. Dans cette perspective, en tant que femmes nous
sommes nombreuses à ressentir le besoin de nous ouvrir à une nouvelle manière d’être et de faire.
Notre monde,
essentiellement régi selon une vision patriarcale, s’appuie sur un principe
Masculin dominant qui oppose, sépare, exclue, valorise la voie de la conquête,
de l’exploitation et du rapport de force plutôt que celle du contentement,
du partage, de la solidarité, du respect de l’autre, de la fraternité, de la
diversité (valeurs féminines)…
Aujourd’hui,
une profonde transformation de l’identité féminine à l’échelle planétaire est
en marche malgré des soubresauts et des régressions. Sur
un plan historique, en France, la période d’après-guerre a vu les femmes être
infantilisées et traitées comme une propriété privée, un objet. Puis vint le
mouvement féministe et l’accès à la contraception, à l’avortement, le droit à
disposer de son corps… Aujourd’hui, si l’on s’en réfère à la littérature
récente sur le sujet [P. Bourdieu La domination masculine(Seuil
1998) ; N. Bajos et M. Bozon, dans leur Enquête sur la
sexualité en France (La Découverte, 2008) ; J.-P. Mialet,
dans Sex aequo - le quiproquo des sexes(Albin
Michel, 2011) ; S. Morvan et L. David, Express du
03 Sept. 2011] nous pouvons constater que la femme
a acquis aujourd’hui une certaine autonomie matérielle, mais qu’elle reste
encore sur bien des plans inféodée à une vision masculine de la réussite, du
bonheur, de la vie... Ce
constat soulève la question de la connaissance des désirs au feminin. Qu’en
savons-nous ? En fait ces désirs ne sont-ils pas, à ce jour, de grands
inconnus, même de nous les femmes ? Sommes-nous
au clair dans notre vision de femme ou calquons-nous notre vision sur
celle des hommes ?
Ne
serait--il pas temps de nous interroger sur ”Qu’est-ce qu’être femme” ? Quelles
sont les facettes, les caractéristiques du Féminin ? Comment vivons–nous ces
facettes en nous-même ? Comment exprimons-nous ces différents aspects du
Féminin ? Quels
sont réellement nos désirs, nos valeurs, notre vision en tant que femme ? Quelles énergies de nous-même
souhaitons nous mettre en œuvre pour participer pleinement à ce changement
planétaire ? Pinkola
Estes (Femmes qui courent avec les loups, Grasset,
1992) qualifie l’essence Féminine fondamentale qui habite au plus
profond de chaque femme ainsi: ”Chez la
femme, l’intériorité est simple et innée. Elle contacte avec aisance les
énergies instinctives internes qui constituent l’essence même de son être...
Tantôt solitaire, tantôt maternante, quelquefois impulsive ou tout à coup
inspirée, la femme est à l’image du cycle de la lune, changeante et aussi
profondément enracinée dans la sagesse même des rythmes de la vie de la terre
et de tous les êtres vivants qui la composent. Si nous voulons fleurir dans
notre vie, nous devons respecter les rythmes connus de cette essence féminine
profonde.” Une des voies pour renouer avec la sagesse ancestrale de la
Femme passe bien sûr par la richesse des contes de Pinkola Estes. Mais, la
mythologie grecque, fondatrice de notre culture, n’est-elle pas aussi riche
d’un pantheon de déesses qui nous parle des potentiels du Féminin [Athéna,
Artémis, Héra….] ? et ne pourrions-nous aussi nous référer à l’hindouïsme,
lui aussi connu pour son richissime pantheon de dieux et déesses dont les
représentations correspondent aux multiples facettes humaines, expressions
différentes (archétypales) d’un seul et même pouvoir créateur ? Pour donner un exemple, dans
l’hindouisme, l’énergie féminine (Shakti) prend aussi bien la forme de Sarasvati, déesse de la connaissance, de
l'éloquence, de la sagesse et des arts [Elle est l'épouse de Brahma le dieu créateur
de la trimuriiindienne et leur union souligne la notion que la connaissance est une
condition sine qua non de la création], que celle de Durga “l’Invincible”, déesse aux 9 formes, qui possèdant
les pouvoirs de la Trinité masculine et la beauté de la Trinité féminine évita
la destruction de la terre (Cf légende en fin de document). Le
tigre sur lequel elle est assise représente son pouvoir illimité, qu’elle met
au service de la vertu pour détruire le mal. Ses multiples armes indiquent que
pour vaincre les pulsions du mal, l’être humain doit développer différentes
qualités, selon les situations et les circonstances : le détachement
contre l’égoïsme, la connaissance de soi contre la colère, la générosité contre
l’avidité ou la rancune, le discernement contre le préjudice (vol, meurtre…)
etc…. L’amour étant en fait l’arme universelle.
L’essence
féminine représente la voix de l’âme, elle nous invite à dépasser la vision de
l’ego pour agir en conscience et nous mettre à l’écoute des vrais besoins de
l’humanité. Elle ”sait” avant même que la raison impose sa loi. Sentir et
vivre sa nature féminine, c’est se donner la possibilité de créer, de se créer,
de s’épanouir ; c’est mettre en pratique des valeurs qui peuvent
contribuer à plus d’amour et de sagesse dans le monde.
Si jamais
ces quelques mots résonnent en vous, si vous vous sentez concernée, et si cette
aventure vous tente, je vous invite à nous rejoindre au sein de ce groupe de
paroles de Femmes.
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